Michigan Yellow

Je vais vous parler aujourd’hui d’une jeep assez intéressante. Il s’agit d’une jeep CJ2A importée par les Ets Wilford et donc construite aux US, à Toledo, et non pas montée en Belgique. Dans mon précédent article « Chiffre de Production » , j’expliquais qu’une partie (25% plus ou moins) des véhicules vendus par les Ets Wilford avaient été importés déjà construits. Le reste étant monté en kit dans les ateliers de la chaussée de Haecht et de 1952 à 1953 dans ceux de la rue du Pont Neuf.

Alors comment j’ai pu faire la différence entre une jeep importée et une jeep montée en Belgique ? Je vous l’explique tout de suite, mais analysons d’abord cette jeep.

Elle appartient depuis 2 ans à un Français, Gérard, mais elle arpente les routes hexagonales depuis 1987, date à laquelle elle fut importée de Belgique. Lors de l’achat, Gérard a reçu un historique assez complet des entretiens et contrôles périodiques de cette CJ. Il a de plus une photo assez intéressante de sa jeep lors de son import en France.

Lors de son import en France. Les phares sont déjà passés au jaune. Par contre le gris est probablement la couleur originale de cette jeep malgré le fait que dans le catalogue des couleurs de 1948 je ne trouve que le Potomac Grey en gris, mais qui est beaucoup plus clair. Par contre ce gris est très proche de celui que j’ai choisi pour ma CJ3A.

De plus, il possède les carnets de contrôles qui nous apprennent que cette jeep a principalement roulé dans la province de Liège.

Carnet d’immatriculation de la CJ. Sa plaque en 1958 est « J9615 ». Son numéro de série est 192530…
Tableau des numéros de série des CJ2A. La jeep est bien de 1948.
En 1970, l’immatriculation a changé: elle porte maintenant la plaque FK187.

Après son import en Belgique, le propriétaire de l’époque lui a donné un look militaire. C’est malheureusement courant sur les jeeps civiles.

Pourquoi tant de kaki??? Par contre, en-dessous de la peinture la jeep est restée dans son état original.

Par contre, lorsqu’il l’acheta, Gérard eu la bonne idée de la remettre dans une configuration 100% civile. Et son choix se tourna vers le Michigan Yellow, une couleur au catalogue des jeeps universelles de 1948. Je vous laisse apprécier la qualité de la restauration.

Gérard a baptisé sa jeep Liberty Girl. Elle est comme neuve!!!
4 wheel drive!!!
Le compartiment moteur, magnifique.
Et l’habitacle!

Le moins que l’on puisse dire c’est que cela flashe !!!

Parmi les spécificités de cette jeep, les ressorts arrières possèdent un lame en boucle assez proche du renfort en caoutchouc du châssis et visant à protéger les amortisseurs. Si quelqu’un a déjà vu un tel montage, je suis preneur d’infos.

Mais analysons maintenant le pédigrée de cette voiture. Elle possède ses plaques d’identification d’origine avec dans le compartiment moteur la plaque classique des jeeps universelles.

Plaque d’identification 100% US.
Une plaque du même type sur une autre CJ, mais en meilleur état et plus lisible ici.

D’habitude, les jeeps belges des Ets Wilford et ensuite des Ateliers de la Dyle, possèdent une plaque d’identification belge, reprenant en plus du numéro de série, l’année de fabrication, la charge utile et le numéro du procès-verbal d’agréation du véhicule.

Une plaque d’identification belge avec le numéro de châssis, l’année de fabrication, le n° de PVA (procès-verbal d’agréation) et le poids total au sol.

Cette plaque identifie à 100% un véhicule belge, passé par les Ets Wilford. N’étant pas présente ici, il s’agit donc certainement d’une jeep importée des US. Et ce qui en fait son caractère 100% belge, c’est que les informations lisibles sur les plaques d’identification belge ont été frappées directement sur le châssis.

Le PVA et le poids total sont frappées sur le châssis avec le numéro de série, ce qui confirme que cette jeep a été importée par les Ets Wilford.

Or, le PVA, procès-verbal d’agréation, est un document obtenu par les Ets Wilford pour l’homologation des jeeps universelles en Belgique, comme le prouve le document suivant (merci à Gerrit pour ce partage).

La jeep de Gérard a donc été construite à Toledo, Ohio, U.S., fut importée comme tel en Belgique par les Ets Wilford qui lui marquèrent le châssis afin de lui permettre de rouler sur les routes belges.

Voilà pour cette magnifique jeep universelle. J’ai pour ma part été fort occupé par un déménagement (ce qui explique le manque d’article…). Et je dois encore déménager ma jeep. Pour faciliter la chose, je l’ai mise sur 4 roues. Petit à petit on avance…

Châssis roulant!!!!

Sur ce,

A+

Big One

2 commentaires

  1. Belle restoration. Cette CJ2a est une production fin 1948 et n’est plus une “lefty” comme ma CJ2a avec le Vin 189840, qui a le renfort pour la roue de secours du coté gauche.

    • Merci Gerrit Seys , oui c’est bien une  » righty  » je ne savais pas que des  » lefty  » avait été importée , car elles avaient été modifiées pour deux ou trois états américains ( dont l’Orégon ) pour répondre à leur législation , abrogée rapidement par ailleurs ! j’aimerais voir ta  » belle  » … c’est une sœur de quelques jours .
      Cordialement ,
      Gérard propriétaire de Liberty girl

Répondre à Gerrit Seys Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.