Graissage

BONJOUR !!!!

Me revoilà après une petite période de pause due à un déménagement qui petit à petit s’achève. Je me relance donc dans le blog pour vous parler aujourd’hui de graissage, mais surtout d’analyse de photos !

J’ai en effet basé mes blogs sur une analyse poussée des photos que je trouve sur le net. On a beau parfois regarder 100 fois une photo, le détail qui tue n’apparaitra qu’à la 101è fois. Et dans ce cas-ci, le détail qui tue m’a été prémâché par Pascal Vermeersch, un passionné de jeep qui retape une CJ3A ABL d’un escadron RECCE (reconnaissance) du 3è lancier. Sa jeep (dont je vous ai déjà parlé succinctement ici) sort des Ateliers de la Dyle (1952 donc), et subit une restauration complète que vous pouvez suivre sur sa page Facebook.

Vous constaterez comme moi que le travail est soigné, et vous comprendrez en plus que j’apprécie sa démarche de redonner à une jeep 100% belge ses couleurs d’origine. Exit les étoiles blanches !!! La recherche du détail est poussée ce qui me plait d’autant plus.

Comme inspiration, Pascal a choisi cette photo de jeep du 3è Lancier. Les points remarquables sont la petites plaques (55) et le fer à cheval sur la calandre, la housse de pare-brise, la poignée ABL pour le passager, et sur le côté dans le carré noir devant reprendre le numéro de l’unité, une tête de mort.

Jeep CJ3A ABL du 3è Lancier. Notez tous les détails remarquables: fer à cheval, plaque « 55 », housse de parebrise, dessin blanc sur fond noir à la gauche de la photo (tête de mort).

Voici quelques photos venant de la page Facebook de Pascal vous montrant l’état d’avancement du projet.

Très bon choix de pneu, les Military profils OTAN, typique des CJ3A ABL.
Egalement typique des CJ3A ABL, la boite à munition sur l’aile arrière, la poignée pour le passager et la boite à gant rajoutée.
Double jerrican.

Mais revenons-en à mon détail qui tue. En visite chez un revendeur possédant une jeep CJ3A ABL dans son jus, Pascal a trouvé une plaque de graissage sous le capot, fixée sous la cale en bois gauche de ce dernier.

La plaque d’instruction de graissage sous le capot

Cette plaque, j’en ai commandé une reproduction via Gerrit Seys. Mais sa position dans le compartiment moteur m’était inconnue.

Reproduction de la plaque d’instruction de graissage du modèle avant 1952 (adresse chée de Haecht 1470)

Il en existe 2 modèles, dont seule l’adresse diffère. En effet, les Ets Wilford ont déménagé de la Chée de Haecht à la rue du Pont-Neuf en 1952. Les jeeps antérieures à 1952 doivent donc avoir la plaque avec l’adresse Chée de Haecht, les autres avec l’adresse rue du Pont-Neuf. Les CJ3A ABL des Ateliers de la Dyle sont toutes sorties en 1952, et donc cette plaque possède la bonne adresse, rue du Pont-Neuf.

Plaque de graissage originale modèle 1952-1953 (adresse rue du Pont-Neuf 73)
Le détail de l’adresse de la plaque découverte par Pascal: rue du Pont-Neuf.

Pour info, ce détail d’adresse ne m’est apparu que récemment lors de l’écriture de l’article « chiffres de production ». J’avais commandé initialement une plaque avec comme adresse la Chée de Haecht, mais ma jeep datant de 1953, je vais devoir en commander une nouvelle ! Perfection, quand tu nous tiens…

Cette plaque est importante car elle montre que les jeeps des Ateliers de la Dyle de 1952 ont un lien avec l’importateur Wilford qui rappelons-le possède l’exclusivité Willys-Overland jusqu’en 1953..

La position de cette plaque sous le capot, est assez logique et pratique. Vous ouvrez le capot et vous avez les instructions directement visibles. Mais est-ce un cas unique sur cette jeep analysée par Pascal ? Il fallait que je confirme l’hypothèse, et c’est là que l’analyse de photos intervient. J’ai une petite dizaine de photos dans ma base de données CJ3A ABL de jeeps dont le capot est ouvert. Passons-les à la loupe (ctrl+ sur photoshop 😉) !!!

Et là, bingo, le détail qui ne m’avait jamais sauté aux yeux (pourtant rien ne m’échappe) : sur plus de la moitié des jeeps que je possède en photo, la plaque est présente.

Souvent cette plaque semble illisible (crasse, repeinture en unité ?) mais elle est bien présente, et sous la cale avant gauche (côté conducteur) du capot, comme chez Pascal.

Attention, elle n’est pas toujours là comme le prouve la photo suivante.

Et donc, dans ce souci du détail, Pascal a placé une reproduction de sa plaque à cet endroit. Le détail qui tue, mais c’est ça qui donne toute sa beauté à une restauration !!!!

Sur ce, n’hésitez plus à renationaliser vos CJ3A, elles en valent la peine !!!!!

A+

Big One

2 commentaires

  1. Merci pour toutes ces précisions Pascal. J’ai mis l’article à jour concernant les précisions sur l’origine de la plaque.

    La joie des jeeps est qu’il n’y en a aucune de pareille, c’est tellement vrai!

  2. Merci pour (à nouveau) un très bel article Xavier!
    Quelque précisions au sujet de la plaque de graissage. La photo avec la plaque d’origine n’est pas de ma propre jeep. Je me suis rendu chez un marchand qui a une CJ-3A ABL à vendre « dans son jus ». C’est là qu j’ai découvert le placement sous le capot. Suite à cela, et en voyant toutes ces plaquettes à deux trous à la verticale, que j’ai aussi étudié mes photos d’archives. Et hop, du coup tout était clair.
    Petit mot sur la photo de la jeep du Peloton Recce 3L. C’est une photo de mon papa au volant. Il occupait la fonction d’adjoint de peloton recce au 3L (tête de mort) durant les années soixante, avant de passer au 7 Recce (Schtoumpf) et au 4CHCH (Shako) par la suite. Au départ j’étais parti pour la refaire en 7 Recce, mais après réflection, dans sa fonction à ce moment là, il (papa) était sur AMX13 et plus sur jeep. Disposant de deux belles photos de lui au volant des jeep 3L, le choix était fait…La plaque « 55 » (Five Five) identifie le vehicule et représente également l’indicatif radio de la fonction d’adjoint de peloton. Sur la photo d’origine cette jeep est suivie par une autre, marquée « 24 » (Two Four), 4ème jeep de la 2ème section. Elle aussi a le fer à cheval rouge.
    J’ai une autre photo de lui au volant d’une « autre » 55 ou la plaquette est placée sans le fer à cheval. Bien il disposait d’un chauffeur, il a toujours aimé conduire les jeeps lui-même…
    On remarque également en comparant les deux photos que l’une a un volant en plastique et l’autre volant est avec des brins en fer, type MB.
    Et finalement, la boîte à munitions n’est que posée là par hasard…je ne sais pas encore ou je vais la placer définitivement.

    La joie des véhicules ABL est qu’il y en a aucun qui soit identique à l’autre…

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