De militaire à civile

Les CJ3A ABL, jeeps emblématiques de l’Armée Belge, terminent malheureusement souvent américanisées, bardées d’une étoile blanche et de barda US. Pourtant, et c’est un des objectifs de ce blog, elles valent la peine d’être remises à l’honneur.

Après-guerre, elles ont été achetées afin de remplacer les Willys MB vieillissantes. L’armée a d’abord acquis des CJ3A civiles avant d’importer des jeeps et de les faire passer par les Ateliers de la Dyle où elles subirent des modifications. Il y a donc 2 types de CJ3A ayant servi à l’armée : les CJ3A civiles probablement importées par les Ets Wilford, et les CJ3A ABL des Ateliers de la Dyle. La jeep dont je vais vous parler aujourd’hui fait partie de la première catégorie, c’est donc une CJ3A civile qui fut intégrée à l’armée.

Son acquéreur s’appelle Gerrit et c’est un passionné. Il est rentré en contact avec moi il y a quelques années pour me demander des infos sur les usines Wilford dont je possédais quelques photos et une belle collection de publicité. Depuis nous échangeons régulièrement, mais mon précédent boulot en Autriche et mes faibles disponibilités font que nous ne nous sommes jamais rencontrés. Mais revenons-en à sa jeep: lorsqu’il a acheté cette CJ, elle a été livrée avec du matériel propre aux jeeps militaires. Cela et un moteur peint en rouge, son passage par les forces armées ne faisait donc aucun doute. Par contre, sa ridelle, son hayon arrière si vous préférez, était fonctionnel, à l’inverse des CJ3A ABL des Ateliers de la Dyle. Son numéro de série ne comportait pas de préfixe, ce qui est aussi caractéristique des Willys importées par Wilford, pour lesquelles la numérotation ne suit pas la logique de Willys Overland. Gerrit en a donc déduit qu’il devait s’agir d’une CJ3A civile, importée et montée en Belgique par les Ets Wilford, et vendue à l’armée.

Et plutôt que de la remilitariser, Gerrit a eu la bonne idée de la rendre à la vie civile. C’est tout à son honneur.

Pour ce faire il a effectué une rénovation en profondeur. Le résultat en vaut vraiment la peine. Pour la couleur, il a choisi le Potomac Grey, qui est une couleur du catalogue des CJ3A de l’année 1948-1949.

Rénovation en profondeur de la jeep. Le Potomac Grey correspond à une couleur de 1948-49, ce qui est cohérent avec le numéro de châssis de la jeep.
Les éléments techniques des CJ3A civiles sont toujours noirs: châssis, moteur, ponts, colonne de direction,…
Mais ici le moteur est resté rouge, dans la couleur attribuée par l’Armée Belge.
Détail typique des jeeps CJ3A de l’Armée Belge et qui rappelle l’origine militaire de ce véhicule, la grande poignée du passager avant. Sur les jeeps civiles, cette poignée est beaucoup plus petite.

Son numéro de série, 25619, sans préfixe, date cette jeep en 1949. Pourtant son année de mise en circulation est 1952. C’est courant avec les jeeps des Ets Wilford. Mon hypothèse est que les kits furent envoyés en Belgique par Willys, mais que ces jeeps furent montées ultérieurement. La date théorique du numéro de série du châssis donné par Willys Overland et l’année de construction/montage du kit en Belgique par les Ets Wilford diffèrent donc. L’année de mise en circulation en Belgique d’une jeep peut donc être postérieure à la fabrication des éléments formant le kit de la jeep aux Etats-Unis.

Une jeep reste une jeep, et quand la restauration est aussi soignée, une CJ aura autant de « gueule » qu’une MB de la 101 AB…
4 Wheel Drive!!!!
2 icônes des 50ties

Après la restauration de sa CJ3A, Gerrit l’a cédée à un ami. Il profite donc maintenant uniquement de sa magnifique CJ2A beige avec jantes oranges, son autre jeep et ancien véhicule de l’Armée Suisse, pour effectuer ses balades dominicales.

La CJ2A de Gerrit, autre restauration superbe.
Petite visite à l’Aéroclub de Grimbergen.

Sur ce,

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